la billetterie
DIRECTION MUSICALE : GUILLEMETTE DABOVAL
MISE EN SCÈNE : MATHILDE BELLIN

Créé en 1883 à l’Opéra-Comique de Paris, Lakmé
est une oeuvre à part, qui constitue un exemple
rare de reconversion réussie pour son compositeur
Léo Delibes (1836-1891) : une oeuvre beaucoup
plus ambitieuse qu’à son habitude, dite de « demicaractère
», comme Carmen, qui unit dialogues
parlés et musique grandiose. Riche des succès de ses
opérettes, aimables et légères, l’audace de s’attaquer
à un drame et aux planches de la salle Favart sera
récompensée par un succès international.

L’intrigue repose sur une fable coloniale, qui raconte
les amours d’une femme indienne, Lakmé, et d’un colon
britannique, Gérald. Elle est la fille du brahmane qui dirige la
résistance à l’occupant anglais. Les problématiques soulevées
par l’intrigue en apparence simple résonnent avec notre histoire
contemporaine : les crimes de la colonisation, l’oppression d’une
femme par des figures masculines de pouvoir. Sans changer un
mot ni une note, la mise en scène de Mathilde Bellin s’emparera
de ces questions pour que le sens profond de l’oeuvre mette en
lumière des enjeux de société actuels.

L’opéra a également l’avantage d’être connu, ce que le grand
public ignorera peut-être avant d’avoir franchi les portes du
théâtre. Le célébrissime Duo des Fleurs, que l’on entend dès
le premier acte, sera sans doute familier du public tant il
est présent dans la culture populaire, ainsi que l’Air des
Clochettes.

Tous les artistes sélectionnés pour ce projet sont avant tout des
interprètes de très haut niveau, rencontrés dans les grandes
écoles d’art que nous avons nous-même fréquentées.

Composé d’un casting de chanteur(se)s de danseur(se)s dont
la carrière professionnelle est déjà reconnue, accompagné par
un ensemble instrumental créé pour l’occasion et dirigé par une
cheffe d’orchestre qui a déjà fait ses preuves à l’opéra, nous
avons la conviction que ce plateau de jeunes artistes donnera
au public l’occasion d’apprécier l’opéra d’une manière singulière.
L’un des buts que nous nous fixons est de battre en brèche
quelques clichés, et de donner une envie rafraîchissante au
public de franchir les portes des théâtres.

L’équipe artistique à l’initiative du projet est originaire d’Albi,
dans le Sud-Ouest de la France, proche de Toulouse. Tous nés
en 1993, c’est à Albi que nous nous sommes rencontrés, ici aussi
que sont nées nos vocations respectives. Nous sommes soudés
par une amitié ancienne et fidèle, une admiration mutuelle pour
nos parcours artistiques, un regard critique sur la place de l’art
dans la société et aujourd’hui par ce projet que nous portons
avons beaucoup de passion et de conviction. De quatre membres
fondateurs, la compagnie recrute progressivement une directrice
musicale, une scénographe, puis auditionne les chanteurs
solistes et deux danseuses. En parallèle, nous structurons notre
administration en collaborant avec SO Production, experts dans la
gestion de projet culturel. La compagnie Datura est née.

MATHILDE BELLIN
METTEUSE EN SCÈNE
GUILLEMETTE DABOVAL
DIRECTRICE MUSICALE
RACHEL TESTARD
SCÉNOGRAPHE
FRANK GIZYCKI
CHORÉGRAPHE
ALEXANDRE SCHREIBER
CRÉATION LUMIÈRE
CARMEN ESPÉROU
COSTUMIÈRE
TIMOTHÉE HUDRISIER
CHARGÉ DE PRODUCTION
MAUD BESSARD-MORANDAS
LAKMÉ
BASTIEN RIMONDI
GÉRALD
MARTIN QUEVAL
NILAKANTHA
PAULINE LONCELLE
MALLIKA
PIERRE BARRET-MEMY
FRÉDÉRIC
MARILOU ROLLAND
MISS ELLEN
MARINE LAFDAL-FRANC
MISTRESS BENSON
EVA HONINGS, IRIS BROCCHINI
DANSE

ILS ET ELLES TRAVAILLENT

AVEC NOUS

SANDRINE ORLANDO
GESTIONNAIRE DE PROJET (SO PRODUCTION)
LA VILLE D’ALBI
L’ADDA DU TARN
LE CENTRE DE LA VOIX RHONES-ALPES

ACCUEIL EN RÉSIDENCE

DE CRÉATION

LE FOULON À GRAULHET / MARS 2025
LE THÉÂTRE DU COLOMBIER AUX CABANNES / AVRIL 2025
LE THÉÂTRE DES LICES À ALBI / MAI 2025

MAIS AUSSI…

 

ARTHUR VERDET / PIANO
YULEIKA HALIBERTO / PIANO
JUDITH VAUQUIER / PIANO
CHARLOTTE BOZZI / SOPRANO

Ayant fréquenté assidûment et depuis de nombreuses années les maisons
d’opéras françaises, nous savons le défi que représente le renouvellement
du public. C’est un constat que chacun peut faire : principalement composé
d’habitués âgés de plus de cinquante ans, les productions d’opéra peinent
parfois à toucher un public plus large. Nous affichons la volonté d’ouvrir
grand les portes du théâtre à un public nouveau, et nous avons élaboré
plusieurs stratégies pour atteindre cet objectif.

01.

UNE MISE EN SCÈNE
TOUT PUBLIC

Nous optons pour une mise
en scène, des décors et des
costumes modernes, ainsi qu’un
casting jeune, qui trancheront
certainement avec les a priori et
les clichés qui ont la peau dure.
Le public découvrira un spectacle
résolument moderne, pour lequel
il ne sera pas utile d’avoir de codes,
grâce au regard neuf d’une metteuse
en scène déterminée à parler à tout
le monde. Lakmé est un opéra qui
convient parfaitement à cette vision :
l’intrigue est simple, certains airs sont
très connus, et les problématiques
soulevées résonnent à la perfection
avec notre histoire contemporaine.

02.

COLLABORER AVEC
DES ARTISTES LOCAUX

La mise en scène prévoit la
possibilité d’intégrer au spectacle
des artistes amateurs locaux,
une dizaine de danseurs et/ou
chanteurs, qui prennent le rôle du
choeur dans l’opéra. Nous organisons
avec eux les répétitions en amont,
pour une intégration cohérente au
spectacle existant. Nul besoin pour ce
groupe d’être grand connaisseur du
monde de l’opéra, ni d’avoir une grande
expérience scénique : son inclusion est
pensée pour être facilement mise en
place.
Pour la création, la collaboration s’est
faite avec un groupe de danseurs et
danseuses de l’association Densité
à Albi. Il est également possible de
collaborer avec un orchestre local, sous
la direction de Guillemette Daboval.

03.

DANS LES RUES

Nous optons pour une mise
en scène, des décors et des
costumes modernes, ainsi qu’un
casting jeune, qui trancheront
certainement avec les a priori et
les clichés qui ont la peau dure.
Le public découvrira un spectacle
résolument moderne, pour lequel
il ne sera pas utile d’avoir de codes,
grâce au regard neuf d’une metteuse
en scène déterminée à parler à tout
le monde. Lakmé est un opéra qui
convient parfaitement à cette vision :
l’intrigue est simple, certains airs sont
très connus, et les problématiques
soulevées résonnent à la perfection
avec notre histoire contemporaine.

04.

COMMUNICATION

Une communication moderne, qui
surprendra le public et bousculera
les codes de l’opéra : les affiches,
les tracts, et la communication sur
les réseaux sociaux seront étudiés
par notre graphiste pour intriguer et
casser les clichés associés à l’opéra.
Nous souhaiterions nous afficher
largement dans la ville par une
présence de nos équipes en amont,
et alimenterons des réseaux sociaux
dédiés, ainsi que ceux des vingt-cinq
artistes directement concernés par le
spectacle.

05.

ACTIONS DE MÉDIATION

Pour la création du spectacle à Albi,
nous avons mis en place une série
d’actions culturelles de médiation
pour éveiller la curiosité du public.
Stages de musique et de danse, initiation
au monde de l’opéra, interventions
en milieu scolaire, spectacles jeunes
publics… Nous savons que débarrasser
l’opéra de ses a priori est un défi et nous
le relevons avec passion et engagement.
Nous serons volontaires pour mettre en
place ses différentes actions en amont,
riche de notre expérience lors de la
création.

06.

DES ARTISTES JEUNES
ET ENGAGÉS

Tous les artistes de la compagnie
appartiennent à une génération
qui voit le monde de l’art lyrique
changer. Les artistes ont été choisis
pour leur talent, mais aussi pour leur
capacité à incarner ce changement par
leur engagement auprès de nouveaux
publics et leur volonté de décloisonner
les arts.
Ils savent que le métier évoluera
profondément au cours de leur carrière,
et s’attellent depuis longtemps déjà à
renouveler l’expérience du concert et
l’image de la musique classique tout
en entretenant un niveau musical de
premier ordre

UNE HISTOIRE D’AMOUR SUR FOND
DE RÉVOLTE POPULAIRE

Lakmé de Léo Delibes est un opéra français, dont la première
représentation a été donnée en 1883 à l’Opéra-Comique. Son
histoire a une saveur toute shakespearienne : dans une Inde
récemment colonisée par l’Empire britannique, une histoire
d’amour à la Roméo et Juliette se tisse entre l’officier Gérald
et Lakmé, fille du brahmane Nilakhanta. Père et fille vivent
loin des regards, dans un temple où Lakmé est érigée en déesse.
Gérald, accompagné de ses comparses britanniques, s’y aventure
en cachette. Il commet ainsi un double sacrilège, en pénétrant
illégalement dans un temple sacré et en tombant amoureux de
la fille du Brahmane. Ce coup de foudre, très vite réciproque,
déclenche le compte à rebours de notre tragédie : Nilakhanta en
appelle aussitôt à une revanche populaire contre l’occupant anglais.
Sa colère est irrémédiable, tout comme sa soif de vengeance. Du
temple à la cabane, en passant par la ville, différents espaces sont
ainsi traversés pour donner à voir l’affrontement asymétrique de
deux peuples et les désastres de l’impérialisme.

UNE HÉROÏNE.

Malgré son caractère implacable, cette machinerie temporelle
n’altère pas la puissance d’action de Lakmé. Trop souvent dépeinte
comme une oie blanche, ballotée entre le père, le mari et la religion,
sa trajectoire est pourtant bien plus complexe. Digne héritière
d’Antigone, elle passe de la candeur à l’ultime geste tragique,
affirmant au fur et à mesure des actes ses désirs et son agentivité.

LE DUO DES FLEURS,
UN TUBE ÉCO-FÉMINISTE

On ignore parfois que cet air qui a traversé les
siècles jusqu’à nous a été composé par Delibes.
Véritable « tube » de cet opéra, il a le mérite de
présenter deux personnages féminins puissants
: Lakmé et Mallika. Garantes du sacré, mais aussi
de la connaissance et de la préservation de la
nature, elles incarnent avec brio la notion de
sororité.

Le duo des fleurs expose ce rapport à la fois beau et
émancipateur au sacré, à la magie, et aux écosystèmes
qui entourent les deux femmes. Ne seraient-elles pas
une représentation de la fameuse « fiction-panier » 1
que l’autrice Ursula K. Le Guin appelle de ses voeux :
des cueilleuses en promenade 2?
Elles invoquent la flore – qu’elles semblent
connaître à la perfection, savent toutes deux les
cachettes que la nature dissimule, et surtout
elles échappent à l’autorité patriarcale. En effet,
la grande liberté qui émane de cette relation
se dévoile dans ce célèbre moment de chant :
ce n’est qu’une fois le père parti et les invocations
belliqueuses faites que Lakmé et Mallika amorcent le
duo des fleurs.

L’ORIENTALISME,
UNE TRADITION CULTURELLE

Lakmé s’inscrit dans ce que l’on peut nommer une tradition
orientaliste de l’Inde. En effet, dans le livret comme dans
la musique, les motifs orientalistes sont légion, parmi
lesquels on retrouve : le contraste entre Orient et Occident,
le soit-disant « fanatisme religieux » des indiens et l’amour
impossible entre deux cultures. Lakmé répond aux règles
convenues du genre.

Edward Saïd est un des premiers à avoir souligné la problématique
de l’orientalisme, le définissant comme un « style occidental
de domination, de restructuration et d’autorité sur l’Orient » 3. Il
remarque en effet que ces oeuvres ont tendance à occulter les
intérêts d’ordre politique des récits historiques. Et pourtant, au
XIX° siècle, les oeuvres orientalistes abondent. C’est l’époque par
exemple de Aida de Verdi, canonique en son genre : l’Egypte y est
décrite de manière édulcorée, teintée de romantisme. L’orientalisme
offre donc d’un pays une image tronquée, construite à travers
le seul prisme occidental et présentant souvent les puissances
européennes sous leur meilleur jour.
Lakmé contient néanmoins une charge politique forte et échappe à
bon nombre de ces écueils. Les colons sont bel et bien présents, et
leur description est loin d’être à leur avantage : tournée en ridicule,
l’armée britannique se voit affublée des flûtes et des fifres, quand
ses soldats ne virent carrément pas au registre bouffon.

1. https://tinyurl.com/2ze3muw8
2. Alice ZENITER, dans Je suis une fille sans histoire, au sujet de la théorie de la fiction-panier d’Ursula K Le Guin : la fiction-panier est une fiction « qui saurait garder l’Homme à sa
place. Au sein de son groupe, bien sûr, mais aussi dans la nature. », L’Arche, Coll. « Des écrits pour la parole », 2020, p. 91
3. E. SAÏD, L’orientalisme: l’Orient créé par l’Occident, Paris, Seuil, 1980, p.15

PARLER DE LA COLONISATION
(1883 – 2024)

Le thème de la colonisation n’est pas seulement le cadre
mais un des éléments constitutifs de notre fable. Et
c’est en cela que Lakmé est un opéra passionnant !
Edmond Gondinet et Philippe Gille, deux librettistes de
l’Opéra-Comique de Paris, appuyés par la contribution de
spécialistes érudits de l’Inde, proposent une intrigue très
audacieuse pour une oeuvre de la fin du XIX° siècle. Cela
s’explique notamment par une critique ambiante en France
de l’impérialisme britannique :

« Peut-être moins visible au premier coup
d’oeil, l’opéra met en scène une autre altérité
que celle des Indiens: celle des Britanniques.
Il est clair que la représentation des
relations entre Indiens et Britanniques n’est
pas étrangère à une certaine anglophobie
française ambiante. (…) Il y a un anticolonialisme
français de circonstance, qui
n’est pas étranger à une certaine amertume
quant à la destinée de l’Inde française. » 4

L’impérialisme est un acte de domination et de violence dont
Delibes, Gille et Gondinet ne font pas fi. Notre volonté est
d’affermir cette conscience du fait colonial, présente en creux
dans le livret. Les crimes coloniaux sont une zone d’ombre
dont nous devons pouvoir nous emparer, et cela sans sombrer
dans une interprétation maladroite de l’altérité, sans exotisme
ni fétichisation. Nous ne voulons pas non plus d’une forme
artistique pénitente ou didactique, nous cherchons plutôt,
à tâtons 5, une facture esthétique nouvelle et de nouveaux
horizons dramaturgiques.
C’est seulement ainsi que nous parviendrons à recréer
du commun et atteindre cet universel que Aimé Césaire
chérissait : un universel «riche de tous les particuliers». 6

CHEMINS DE TRAVERSE
DRAMATURGIQUES

Afin de faire honneur au livret, nous avons procédé à des
arrangements dramaturgiques et emprunté quelques
chemins de traverse: le personnage de Hadji fusionne avec
celui de Mallika, dont la destinée s’épaissit au profit d’une
relation amicale entre elle et Lakmé ; Rose et Ellen ne font
désormais plus qu’un ; et certains dialogues ont été réécrits.
Nous avons notamment prêté une grande attention à la
dangerosité des Britanniques. Si le livret fait le choix de les
tourner en ridicule – leur caractère grotesque et maladroit est
souvent affiché –, prenant ainsi le risque que les spectateurs
en viennent à rire avec les colons et non plus d’eux, nous
proposons une lecture plus ambiguë de ces personnages, au
comportement offensif. Le travail dramaturgique a ainsi mis
en valeur la dimension résolument contemporaine de Lakmé,
ainsi que tous ses trésors cachés.

CARREFOUR DES ARTS

La spécificité de l’opéra tient dans cet incroyable
dialogue entre toutes les disciplines artistiques. Sur
scène se réunissent tous les métiers, et des arts
trop souvent cloisonnés dans le milieu du spectacle
vivant s’entremêlent et débattent. C’est en cela que
nous croyons en un opéra populaire, accessible et
contemporain : il est par nature le fait d’un mélange.

Nous avons donc fait le choix de conserver la danse, présente
dans la version originale de Lakmé : les mouvements de
la foule et les révoltes populaires, notamment à l’acte II,
ainsi que tous les morceaux de ballet, ont été confiés au
chorégraphe Frank Gizycki. En collaboration avec un groupe
local de danseurs et danseuses amateurs, nous cherchons un
choeur qui puisse faire exister la ville en tant que formation
sociale, un choeur soudé et vivant, véritable corps collectif. Un
choeur pris dans le tumulte des célébrations et des rebellions,
et dont le mouvement, constamment sur la brèche, oscille
entre fête et insurrection.

4. Philippe BORNET, « Entre orientalisme et art orientalisant. L’Inde de Lakme », Études de lettres [En ligne], 4 | 2016, mis en ligne le 15 décembre 2019. https://doi.org/10.4000/edl.1153
5. Marine BACHELOT NGUYEN, « Décoloniser son théâtre à tâtons », Tumultes, vol. 48, no. 1, 2017, pp. 127-140.
6. Aimé CESAIRE, « Lettre à Maurice Thorez [1956] », dans G. Ngal, Lire Le Discours sur le Colonialisme d’Aimé Césaire, Paris, Présence Africaine, 1994, p. 141.

UNE SCÉNOGRAPHIE
TERRITOIRE

Soucieux d’éviter une folklorisation de la culture indienne, nous proposons ici de situer la fiction au coeur d’un désert.

Ceci n’est d’ailleurs pas une ineptie géographique, puisque le désert de Thar, au nord-ouest de l’Inde, est l’un des déserts les plus peuplés au monde. Le désert, forme de nature inattendue, comporte bien des avantages sur les plans scénographique et chorégraphique : c’est un paysage intemporel qui ouvre le regard sur un espace épuré, à l’horizon infini. Le relief de ses dunes permet également une circulation fluide des solistes et du choeur, apparaissant et disparaissant derrière les lignes de crêtes. Les replis dans le sable sont des cachettes idéales. Ce territoire possède des secrets et des refuges que seuls les Indiens connaissent, tandis que les Britanniques y sont maladroits, peu aisés. En révélant cette distinction d’expérience du territoire, le désert met en jeu les
rapports de force qui s’expriment dans la fable. Ces dynamiques spatiales nous rappellent ce qu’Edward Saïd écrivait au sujet de la résistance à la colonisation : « Se faire reconnaître, c’est recartographier ». 7 C’est connaître
son maquis. L’univers industriel et minier est présent en toile de fond,
marqueur de la colonisation, de l’exploitation des sols, de l’expropriation des communautés, de la pollution. Mais notre désert a aussi une poétique bien à lui : il regorge de mystère et de magie agissant sur la tragédie, c’est l’espace du rêve et du sacré. La fable en trois actes se déroule au cours d’une journée, de l’aube au clair de lune. On voit donc le paysage changer de teinte et se faire contaminer petit à petit par de nouvelles matières : brume, sable noir et matière polluante,pétales de fleurs.

UN OPÉRA COLLABORATIF À LA
RENCONTRE DE SON PUBLIC

En choisissant d’intégrer aux spectacles des artistes
amateurs locaux, nous affichons notre volonté
de faire tomber le mur entre le monde de l’art
lyrique et le grand public. Il n’est pas nécessaire
que les personnes impliquées aient ni une grande
expérience de la scène, ni une connaissance fine du
monde de l’opéra.

Au contraire : de la même manière que nous souhaitons
faire entrer de nouvelles personnes dans cet univers en
tant que public, cela peut être une première pour les
membres du choeur. Cette collaboration locale, en plus
de donner une direction artistique nouvelle au spectacle,
permet de créer encore du lien avec un public et un
territoire.
Pendant le temps de création du spectacle, nous avons
également organisé différents évènements : concerts
jeune public, initiation ludique au monde de l’opéra sous
forme d’immersion dans une répétition, récital de chant,
présentation publique du spectacle avec maquette du
décor, extraits musicaux et projections… toujours avec
la volonté d’éveiller la curiosité du public. Nous sommes
évidemment volontaires pour renouveler l’expérience
partout où nous irons.

7. Edward W. SAÏD, Culture et Impérialisme (traduction de Culture
and Imperialism, New York, Vintage Books, 1993) Paris, Fayard,
2000, p. 301.

DIRECTION MUSICALE :
GUILLEMETTE DABOVAL
MISE EN SCÈNE :
MATHILDE BELLIN
SCÉNOGRAPHIE :
RACHEL TESTARD
CHORÉGRAPHIE :
FRANK GIZYCKI
COSTUMES :
CARMEN ESPÉROU

CRÉATION LUMIÈRE :
ALEXANDRE SCHREIBER
LAKMÉ :
MAUD BESSARD-MORENDAS
GERALD :
BASTIEN RIMONDI
NILAKANTHA :
MARTIN QUEVAL
MALLIKA :
PAULINE LONCELLE

FREDERIC :
PIERRE BARRET-MEMY
MISS ELLEN :
MARILOU ROLLAND
MISTRESS BENSON :
MARINE LAFDAL-FRANC
DANSEUSE 1 :
EVA HONING
DANSEUSE 2 :
IRIS BROCCHINI

EQUIPE EN TOURNÉE :
7 solistes, 2 danseur.se.s, 1 metteuse en scène, 1 cheffe
d’orchestre, un ensemble de 11 musiciens (2 violonistes, 1
altiste, 1 violoncelliste, 1 contrebassiste, 1 harpiste, 1 hautboïste,
1 clarinettiste, 1 corniste, 1 bassoniste, 1 flûtiste), 1 technicien
lumière, 1 technicienne plateau
+CHOEUR / BALLET AMATEUR :
8 personnes choisies en partenariat avec une association
culturelle locale
LIEU DE REPRÉSENTATION : en salle
DURÉE : 2 heures
JAUGE IDÉALE DU SPECTACLE :
De 150 à 1000 personnes
DISPOSITION DU PUBLIC : frontale
ESPACE SCÉNIQUE MINIMUM :
10m de large x 9m de profondeur avec 1m de coulisse à cour et
1m à jardin

ESPACE POUR L’ORCHESTRE :
10m de large x 2m de profondeur (idéalement une fosse
d’orchestre).
SCÉNOGRAPHIE :
Un désert composé de deux dunes disposées en entonnoir.
Ce désert sera à terme matérialisé par une structure acier et
bois en plusieurs modules recouvert d’une moquette couleur
sable et de liège. Pour la résidence nous souhaiterions figurer
ce relief grâce à 10 praticables d’1m x 2m avec des hauteurs de
pieds variables allant de 20cm à 1m40.
LUMIÈRE :
Besoins en cours d’élaboration avec le/la concepteur.ice
lumière.
COÛT SESSION :
Entre 7700€ et 17000€ selon le nombre de représentations
et la collaboration ou pas avec un orchestre local/un groupe
d’artistes locaux

CHARGÉ DE PRODUCTION
Timothée Hudrisier
 timothee.hud@wanadoo.fr | 06 81 88 38 54

RÉGIE GÉNÉRALE
Rachel Testard
 rsc.testard@gmail.com | 06 40 92 13 59

 

L’opéra souffre de clichés
et d’a priori qui rend le
renouvellement du public
complexe. Avec Lakmé nous
relevons ce défi avec passion, forts de toutes
nos expériences artistiques respectives.

Nos atouts :
• Un projet imaginé par une équipe jeune et
soudée par une longue amitié,
• Une action culturelle de médiation sur le
long terme et très en amont de la première,
prévue pour le printemps 2025,
• Un opéra aux airs célèbres et un choix de
mise en scène moderne,
• La réunion grâce à la compagnie Datura
d’artistes à la carrière internationale pour un
spectacle d’une qualité artistique inoubliable,
• Une collaboration avec des artistes locaux..