
MONOCHROME
Monochrome es t une c réat ion mus i cal e
expressionniste, dada, futuriste, jazz, électron libre et
punk à la fois.
La musique et l’art plastique ont un point commun,
le rythme. J’ai voulu les rassembler sous forme de
monologue monochromatique pour parler d’intolérance,
d’altérité, du respect de l’humain, de la nature, du vivant.
Monochrome est une performance solo, musicale et
textes parlés en 7 tableaux écrits et improvisés : batterie,
percussion, guitare, texte dits ou chantés, sampling et
M.A.O.
Chaque tableau propose d’explorer une des couleurs du
prisme de lumière pour la faire dialoguer avec le
musicien Arnold Schöenberg et le peintre Vassily
Kandinsky « Leçon jaune », le plasticien Yves Klein
« Klein d’oeil », l’homme politique Joseph Staline
« Staline le rouge », mais aussi « Bruit blanc », « Thé
vert », « Agent orange », « Pourpre de Tyr ».
SOMMAIRE
Klein d’oeil
Staline le rouge
Thé vert – le colibri
Bruit blanc
Pourpre de Tyr
Agent orange
Leçon jaune
Klein d’oeil
Monochrome bleu, marine ou minéral, d’outremer ou mers du sud, à chacun son bleu. « Le ciel comme atelier » fut un jour le reflet de son art exceptionnel !
Yves Klein me fait rêver. Son « Arbre » épongea la violence de l’homme pour l’imprégner de sa sensibilité. De ses pinceaux vivants, il capta l’immatériel pour coucher sur le papier son art conceptuel et son pigment frotté au sol par les corps nus dépoussiérés, indécents et scandaleux, dérangea et c’est tant mieux ! Il voyagea à travers le monde sur des tatamis volants pour partager son IKB (International Blue Klein) et son geste réinventer. Et ses toiles incendiées par le
pétrole privé de bleu, furent un temps son nouveau dada comme Arman où son fauteuil brûla. L’art de Klein questionne notre humanité et ses biais qui la composent comme l’intolérance qui explose ! Et partout dans le monde, « le bleu comme cercueil ».

Inspiration et texte
La couleur bleu dans ses différentes teintes et nuances
Yves Klein et son oeuvre
Inspiration et musique
Lors de ses anthropométries, les 17 et 18 juillet 1961, Y.Klein fit jouer par un orchestre de chambre la Symphonie
Monoton – Silence, une oeuvre composée de 20mn d’un monoton (en Ré Maj) suivie d’un silence de 20mn.
Ma composition, ici, est également jouée autour de la note Ré dans différentes octaves, et utilisant différents timbres
comme Klein le fit avec ses différents instruments et corps performants.

Staline le rouge
Staline le rouge, les géants de ce monde, rêvent de toi, de sang coagulé d’opposants
à leur foi. Ta descendance est assurée. N’aies crainte ! Tes usines à plein régime
aux cadences parfaites, faisaient de toi l’homme d’acier et burinait les esprits. Et
les chaînes aux pieds d’athlètes, les visages émaciés, transpiraient pour toi, pour la
patrie. Aujourd’hui, les villes nations gonflées aux collagènes, aux élixirs de
cinabre et autres artifices, exhibent la misère sur les écrans obscènes, le fruit de
leurs vices. Et d’une rue à l’autre, les slogans immondes passent du rire au pleurs,
en quelques secondes. Le drapeau de la révolte n’a pas disparu, il plane une odeur
de sueur cramoisie. Dans les manifs, le visage des gamins est vermillon est leur
dos est meurtris… Et le feu est dans la rue !
La terre de nos ancêtres essorée agonise, et les vieux de fatigue meurent dans leur
champs, pour que l’on canonise de la haine les marchands. Les labels labels rouges
de sève et de sueur se partagent le blé aux graines écarlates, faisant croire aux
produits saints, mais les cancers éclatent. Notre esprit critique lui aussi est
malade, l’humanité est dans sa phase terminale.
Inspiration et texte
La couleur rouge dans ses différentes teintes et nuances.
Joseph Staline, le tyran rouge, l’homme d’acier responsable de millions de morts.
Inspiration et musique
Sons métalliques et rythmé symbolisant les sons d’usines métallurgiques.
« Zavod » (Les fonderie d’acier) 1927, d’Alexandre Moussolov
Thé vert
Le thé noir est d’abord vert, vert clair puis vert foncé. Dans les champs étendus où
l’automne s’endort, ses fragrances s’impatientent. Tein-thé de vert de gris dans le sol
enfoncés, les pieds de camélia observent un colibri. Et les champs inondés par les pluies
diluviennes n’empêchent pas l’oiseau de chanter ici. Au printemps, récol-thé puis posé sur
son lit, le thé couvert de jasmin s’oxyde lentement. Et quand s’enfuit la pleine lune, et que
les bronzes ont résonné, que les fleurs des cerisiers font les 1er baisers, les plateaux de
bambou se préparent en silence, en protocole séculaire et traditions restées. Infusé à l’eau
pure pour célébrer le Chi, en récompense ultime d’un épuisant labeur, les femmes aux pieds
petits, en Qipaos turquoises, hument avec fierté le regard accompli. Puis le breuvage
consommé, sans dire un mot, enfermées dans leur chair, elles iront combler le mâle tout en
rêvant de liberté, de grand air.
Le colibri
Dans les feuillages, un colibri, que le vert porte son nid, Dans les branchages où l’oeuf est
sorti, à l’abri,d’un prédateur au regard féroce. Sa beauté les rend jaloux, les hommes et le
félin qui le suit, veut voler ses rêves de liberté, de fleurs sauvages des pâturages, Mais dans
sa cage, le colibri, Où son ramage a terni, Jadis capé d’un plumage arc en ciel, Où son miel,
nourrit la reine aux yeux bruns d’écorce.

Inspiration et texte
Le thé, la couleur vert dans ses différentes teintes et nuances.
Texte du lied, « le colibri » est cette femme aux petit pieds, « empêchée » comme tant de femmes dans le monde.
Inspiration et musique
Introduction de musique Zen et des sons de la nature.
Un lied de forme ABA.

Bruit blanc
Lumière blanche et naissance du jour, tes rayons puissants propagent l’amour.
Ce blanc fécond, venu du lointain soleil d’où jaillit le plasma, s’associe au
terreau, noir, riche de vivant pour donner les fruits du partage. Et du nord au
sud, à grands coups de bêche et de sueur, l’homme nourrit ses pairs, le dos
courbés, les mains meurtries par la besogne et le courage. Le blanc et le noir
sont complémentaires, pourtant, on les oppose comme on divise les hommes. Et
le vieux continent, blanc, cynique, refoule la vieille Afrique. Les lys jadis,
élégants et sauvages, tremblants devant les blancs manteaux, sur les chemins
de Compostelle, ornent les tombes désormais de l’espérance fraternelle. Seul,
face aux ballets des pelleteuses arrachant les cyprès géants tout autour de moi,
les bruits blancs ne peuvent rien pour soulager mon ouïe malade, et le chant
silencieux des linottes disparues m’entraine à corps perdu en apnée dans ma
noyade.
Inspiration et texte
Le blanc et le noir
Inspiration et musique
Un bruit blanc développé en « bruits musicaux » pour revenir à un bruit blanc. Un bruit blanc est la réalisation d’un
processus aléatoire dans lequel la densité spectrale de puissance est la même pour toutes les fréquences de la bande
passante (comme la réunion des couleurs en quelque sorte pour obtenir la lumière).
Pourpre de Tyr
Pourpre de Tyr, des robes épiscopales
Brodées de fil d’or et parées de rubis,
Bénis les martyrs, et les lignées royales,
Les cathédrales en sursis…
Pourpre de Tyr, péchés des phéniciens,
Portés par les voilures sur les rivages de l’Egée.
Tes coquillages sacrés dans les filets, piégés,
Teindront les palliums des coptes égyptiens.
Pourpre de Tyr, aux reflets de grenats,
Les soldats enfoncèrent la couronne tressée,
Et sur sa chair, son coeur blessés,
Le sang dégoulina.
Pourpre de Tyr, quand ta couleur vivante,
Imbibait les tojes de ton puissant sénat,
Les magistrats romains d’hermine et d’amarante
Jugeaient les pauvres, les parias.
Pourpre de Tyr, extrait de ton murex,
Pour l’habit,
Le pouvoir,
L’indécent.

Inspiration et texte
La couleur pourpre dans ses différentes teintes et nuances.
Le murex est un coquillage qui servait à fabriquer la
couleur pourpre et ses nuances.
Inspiration et musique
Le chant fait référence aux chants romano-francs
(grégorien) par la « tenue » d’une note unique ou
bourdon.

Agent orange
Des particules mortifères pulvérisées sur les corps nus, sur les greniers,
sur les cultures, plus rien ne pousse ici. Les regards sidérés et désolés
s’installent dans le décor majestueux des banians et le ciel s’assombrit.
L’agent orange n’a pas donné la couleur aux cakis de Da Lat mais
celle des corps immolés par le feu et encore aujourd’hui.
Les Kesas du Myanmar teinté de postérité violent les préceptes nonviolent
pour préserver la race et protéger les biens et les pistils de
safran, à la beauté acidulés sont pour les coeurs interdits, la vie dans
le péché, les maudits.
Il y a 120 ans Kathe Kollwitz dans la beauté de « La femme à l’orange
» s’émancipait de ses pairs et imposait son art de la reproduction.
Inspiration et texte
L’orange dans ses différentes teintes et nuances.
L’horreur que « agent orange » symbolise.
Inspiration et musique
Pierre Henry, Le voyage, d’après le livre des morts tibétains (1962).
Leçon jaune
L’histoire se répète dans l’horreur et son silence. L’abstraction de tes
traits, Kandinsky, de tes courbes pourrait cacher une pensée
tricheuse et prétentieuse ? La rouelle jaune fit tourner ta tête il
semblerait et cela déchire mon coeur. Et ta nécessité, quelle soit
féconde et singulière à l’intérieur parait macabre et destructrice
malgré la beauté de tes couleurs. Tes toiles déployées en grand
s’affichent sur les murs de nos musées qui se lamentent. On a dit de
ton art qu’il était « dégénéré » et tu dois fuir la puanteur d’un
dogmatisme mortifère où les enfants et leur mère en robe d’or,
prennent le train de la mort. Immonde ! Devons-nous nous
abstraire à un sombre avenir ? A ne pas vivre ensemble ? Le jaune
est-il la couleur de l’espérance ou de la mort ?

Inspiration et texte
La couleur jaune
Correspondance entre V. Kandinsky et A. Schoenberg
Inspiration et musique
Arnold Schoenberg. Voix, souffles et atonalité.
Max Fueris

Staline le rouge

